Le livre dans la presse



 

 

"Une passionnante enquête historique"

Elodie Maurot - LA CROIX - 29/09/2010

 

 

Extrait de l'article

 

"Où en est la psychanalyse, plus de cent ans après son invention? Alors que l'actualité offre régulièrement l'exemple de propos critiques, voire haineux, à l'égard de Freud ou des praticiens du divan, la psychanalyste Anne Millet s'est confrontée à cette question difficile, de manière apaisée, mais non sans conviction. Elle est partie d'un état de fait : la prise de distance de nos contemporains vis-à-vis de la psychanalyse, leur hésitation à entreprendre des cures perçues comme longues voire interminables, leur inconfort devant la figure de l'analyste considéré comme «froid, distant, hautain, hyper-intellectuel».

 

Face à ce cahier de doléances pesant, l'auteur n'a pas voulu se limiter à accuser la frénésie de l'époque, la montée de la psychopharmacologie, la séduction des thérapies brèves et l'aspiration à des succès rapides (...). Elle a choisi de reconnaître dans ce désaveu public une vraie question posée à la discipline.

 

 

 

 

Anne Millet a une thèse : pour elle, ce n'est pas la théorie psychanalytique qui est contestée, mais bien plus sa pratique (l'analyse ou la cure) et la figure du psychanalyste (...).

 

Plus que les maîtres (Freud, Lacan) dont elle pointe les limites sans les y réduire, ce sont les mauvais disciples, empêtrés dans la reproduction servile d'un savoir et de techniques devenus recettes, qui indisposent Anne Millet. L'analyse était une voie royale pour apprendre, elle ne l'est pas forcément pour soigner : telle est sa conclusion, qui invite la discipline à l'esprit critique et à la créativité.

 

Elle se situe ainsi dans le sillage de deux «trublions» savants du milieu psychanalytique, Serge Viderman et François Roustang, qui dans les années 1970-1980 s'étaient inquiétés du sort de patients enlisés dans des cures ayant dépassé la limite du raisonnable, ayant parfois compris le fonctionnement de leur mécanique interne, sans que le sens trouvé soit parvenu à provoquer en eux le mieux-être espéré.

 

Anne Millet invite à s'adosser sur le savoir psychanalytique pour réinventer une pratique. Aider à aller mieux n'est pas déshonorant, semble-t-elle rappeler à ses confrères…

 

Élodie Maurot

 




 

"Un hymne à la dissidence, un pied de nez aux doctrinaires"

 

Philippe Petit - Marianne.net - 21 juin 2010

 

Extrait de l'article

 

Vous ne la trouverez pas sur le Site Noir de la Psychanalyse, et il ne faut pas compter sur elle pour instruire à charge le procès du petit père Freud et celui du grand original que fut Lacan. Anne Millet n’est pas Michel Onfray, elle n’a pas la hargne du philosophe d’Argentan, elle ne partage pas son goût de la revanche, et ne se complaît pas dans les attaques ad hominem. Il n’empêche !

 

Docteur en psychanalyse, psychologue clinicienne, cette thérapeute est une dissidente. Elle ne se sent pas vraiment du sérail et porte sur ses pairs un regard sévère. Elle tient sur la psychanalyse française des propos amers. Sans frôler l’hérésie et sans jamais se départir d’un souci de clarté et de rigueur, sa condamnation de l’orthodoxie freudienne pourrait cependant lui valoir des réprobations de la part des gardiens du temple.

 

 

 

Dans son livre « Psychanalystes, qu’avons-nous fait de la psychanalyse ? », elle revisite l’héritage freudien et ne craint pas de se demander pourquoi la pratique analytique, qui devrait libérer l’analyste et l’analysant, produit des figures rigides, des dogmatismes, et des conflits violents entre les différentes écoles de psychanalyse.

 

Elle observe avec finesse « tous les moments de glissement où les concepts se figent et où les hypothèses se muent en certitudes ». (...)

 

Elle tente de comprendre de l’intérieur les dérives propres à l’histoire du mouvement psychanalytique, occultées en partie par l’entreprise hagiographique des disciples de Freud (...) et tente de redonner toute son épaisseur à la singularité humaine des premiers protagonistes de l’aventure psychanalytique : Jung, Adler, Rank, Ferenczi.

 

Son livre est un hymne à la dissidence, un pied de nez aux doctrinaires, qui ont fait dévier la cure vers des conceptions intellectualistes, aux dépens de sa visée thérapeutique. Comme si la demande de soin passait au second plan, et que la dimension humaine du rapport entre l’analyste et l’analysant, était sans importance. (...)

 

Philippe Petit
  



"Ouvrage critique d'une grande pertinence"

 

Psychologies Magazine - Avril 2010

 

Pour la psychanalyste Anne Millet, de plus en plus de patients sont confrontés à des analyses interminables, tout comme nombre de praticiens se trouvent aliénés à leurs doctrines et à leur corporation, prisonniers d’une méthode rigide qui a beaucoup de mal à évoluer.

 

C’est pourquoi, comme l’avaient fait les psychanalystes Otto Rank, Sàndor Ferenczi ou Jacques Lacan, il est important de s’interroger sur la pertinence et sur la pérennité de la «cure traditionnelle » instaurée par Sigmund Freud, et de s’ouvrir à des pratiques analytiques différentes, comme celles de Serge Viderman ou de François Roustang. Ce qui permettra peut-être à la psychanalyse de sortir de l’impasse dans laquelle elle est aujourd’hui enfermée. Ouvrage critique d’une grande pertinence.


"Un livre remarquable par la lucidité de la critique"

 

Judith Dupont - Colblog.bloglemonde.fr 2010

 

Un livre tout à fait remarquable par la lucidité de la critique ou plutôt de l’examen des divers courants psychanalytiques et par la sobriété du ton qui évite toute espèce de polémique. J’apprécie aussi particulièrement la fine compréhension des personnages évoqués, notamment de Ferenczi et de Rank, mais aussi de Freud à qui l’auteur fait le cadeau rare de le considérer en humain et non en idole. C’est, à mon avis, la marque d’un respect authentique. Qu’elle soit remerciée de ce beau travail.

 

Judith Dupont

 

 

 



"Revigorant, un avant-goût de refondation"

 

Francis Martens, Ponctuation, Septembre 2010

Le Coq Héron - 2011/2 - N°205

 

Extrait de l'article

 

 « Alors qu’on attendait des psychanalystes qu’ils soient libres et pour le moins désencombrés, c’est le visage inverse qu’ils ont le plus souvent montré, capables de ce « pire » que l’invention freudienne avait pourtant souhaité éradiquer : le dogmatisme, l’aliénation, le leurre, la surdité, le terrorisme de la pensée. »

Cette citation n’est pas extraite du Livre noir de la psychanalyse (...) ni même du dernier pamphlet de Michel Onfray (...) Le crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne (....). Elle est due à la plume – incisive et claire – d’une clinicienne, psychanalyste et psychothérapeute, docteur en psychanalyse, travaillant à Paris en privé et en institution.

 

Dans son sillage, le constat des dérives de la pensée, de la clinique et des appareils institutionnels psychanalytiques, apparaît d’autant plus accablant qu’il est parfaitement documenté, nullement polémique, et qu’il renvoie dos à dos les errances de l’Ipa et de la mouvance lacanienne. Il n’y est pas question en outre d’autoflagellation, encore moins de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il s’agit, tout au contraire, de l’en protéger – en espérant qu’il soit encore temps…

Car pour la psychanalyse, en effet, la roue a tourné. Le public – défasciné – ne semble plus prêt à avaler n’importe quelle couleuvre. Les psychanalystes quant à eux (pour paraphraser Nietzsche à propos des chrétiens d’apparence si peu «sauvés») ont rarement l’air «psychanalysés» : trop souvent empêtrés qu’ils sont dans les rets transférentiels non dénoués de leur propre passage sur le divan.

 

 

 

 

 

 

 

 

Paisible dans la forme, la critique d’Anne Millet s’avère, sur le fond, sans concession. Loin de viser de regrettables exceptions, gardiennes indirectes de la règle, elle met en lumière des travers intellectuels chronifiés, des brimades cliniques institutionnalisées – voire glorifiées.

 

Luxe rare, sa démarche critique ne relève d’aucun pathos. Cet aspect du livre mérite d’être souligné, car si Michel Onfray et les auteurs du Livre noir cultivent trop souvent l’outrance, l’amalgame, les « passions tristes », les réponses offensées de la corporation en général ne valent pas mieux. Il semble que le pacte dénégatif qui unit les psychanalystes soit tissé d’une étoffe propre à défier toute épreuve de réalité. On ne connaît que trop les arguments de résistance, au sens psychanalytique du terme, machinalement décochés aux opposants à la psychanalyse.

 

On sait la rhétorique hautaine qui se plaît à opposer le travail de fond d’une cure sans fin, aux vulgarités d’une psychothérapie encline à soulager à peu de frais. On n’ignore pas la paresse faisant peser sur la seule idéologie néolibérale – son exigence de fonctionnement à tout prix – la désertion des divans au profit du coaching. Tous arguments détenteurs, certes, d’une part de vérité mais servant surtout à éluder le débat (...).

 

Écrit tambour battant, le livre d’Anne Millet est plutôt revigorant. Un avant-goût de refondation.

 

 

Francis Martens

 

 

 

 



"Le vrai mérite d'une distance critique"

 

Marie-Emmanuelle Gillet Etudes, Revue de culture contemporaine - Septembre 2010

 

Anne Millet, psychanalyste en exer­cice, soulève ici des questions de fond relatives à ce qu’est la cure et ce que l’on peut en espérer, à travers une étude à la fois historique et critique du rapport que théorie et pratique ont entretenu en psychanalyse depuis l’in­vention de Freud. Est-ce la psychana­lyse qui se trouve aujourd’hui mise à mal, ou un certain type de pratique, éclatée dans sa méthode comme dans ses références théoriques, et parfois campée sur ses positions ?

 

L’ouvrage, écrit dans un style clair et d’une lecture aisée, est nourri de la prise en compte des aspects humains qui ont interféré sur des débats et conflits dont le véri­table objet aurait pu être une chance pour la psychanalyse.

 

 

 

 

Il porte un regard particulièrement critique sur les ren­dez-vous manqués de l’histoire et les limites personnelles des grands nova­teurs, en particulier à l’égard de Freud, et plus encore de Lacan – au risque par­fois d’un certain gauchissement pou­vant accréditer une forme de pessimisme ou de condamnation du procédé de la part de l’auteur.

 

C’est pourtant de l’intérieur d’une pratique analytique qu’il se situe, avec l’aspira­tion d’éviter les conformismes serviles qui risquent d’ériger la psychanalyse en religion profane. Et si l’on peut regretter qu’il s’interrompe au moment de développer une phase plus construc­tive de l’analyse, il reste que cet ouvrage intéressant a le vrai mérite d’une distance critique qui, à être plus répandue dans la profession, pourrait lui être salutaire.

 

 

Marie-Emmanuelle Gillet

 



Egalement dans la presse ...

 

. "Psychanalystes, qu'avons-nous fait de la psychanalyse ?" Simone Sausse-Korff - Revue de la Société Psychanalytique de Paris, mai 2011.

 

. "Psychanalystes, qu'avons-nous fait de la psychanalyse ?" Benoît Servan - Revue Française de Psychanalyse - 2011/3 (Vol.75)

 

. "L'analyse, pour comprendre ou pour soigner ?"

Anne Millet - Sciences Humaines - Décembre/janvier/février 2011

 

. "Freud, pourquoi tant de passions ?"

Isabelle Taubes - Psychologies Magazine - Mai 2010

 

. "Ces psys qui changent notre vie"

Christophe Doré et Sophie Roquelle - Le Figaro Magazine - 17 Avril 2010

 

.  "La polémique"

Actualité de l'Histoire - Juin/juillet 2010

 

. "Les psys devraient s'entendre"

Raphaël Duboisdenghien - Quotidien National (Belgique) - 20 Aout 2010

 

 

Anne Millet, Psychanalystes, qu'avons-nous fait de la psychanalyse ?

Egalement dans les médias...

 

 

. La Grande librairie, François Busnel - France 5

Invités de l'émission du 15 avril 2010 : Michel Onfray, Anne Millet, Alain de Mijolla, Mikhel Borch-Jacobsen, Jacques Van Rillaer.

 

. La Fabrique de l'Humain, Philippe Petit - France culture

Invitée de l'émission du 18 juin 2010 : Anne Millet, avec Christian Godin et Roland Gori.